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18/03/2010

Un nouveau centre ?

claque10.jpgLa claque que vient et va se prendre dans la tronche la majorité présidentielle n’est pas le seul évènement des régionales, il y a aussi l’implosion électorale du Modem. Les deux sont indéniables même si la faiblesse de la participation observée et attendue dimanche prochain en relativise indiscutablement la portée.

Peut-on pour autant en déduire que le centrisme politique a vécu dans ce pays, que nous sommes condamnés à perpétuité à acheter notre (vraie) galette-saucisse chez les conservateurs ou les gauchos plus ou moins rougeoyants, mâtinés ou non de verditude ?

Probablement et fort heureusement pas, même s’il serait vain de nier que les politiques qui, de près ou de loin, se réclament du centrisme ont surtout démontré jusqu’ici leur aptitude à se prendre grave les pieds dans le tapis politique.

 

lecanuet-1973.jpgChez « Restons Correct ! » nous sommes de plus en plus persuadés que le centrisme n’est pas un positionnement viable en soi. A moins de le résumer comme certains de nos amis modémistes à la seule défense de valeurs « sociales-chrétiennes » qui, pour respectable qu’elles soient, ne sont pas les nôtres et sentent quand même un peu la naphtaline.

Au mieux, ça fait troisième aux présidentielles comme Bayrou avant qu’il ne pense que son destin était à gôche ou comme Lecanuet en 1965 pour ceux qui s’en souviennent.

Au mieux aussi çà fait quelques députés et élus locaux petits ou grands à la condition, discutable sur la forme et le fond, de s’inféoder à une majorité plus monolithique que réellement ouverte au débat comme le fit et le fait encore l’inaudible Nouveau Centre.

 

libéraux.jpgParce qu’ils ne sont ni conservateurs ni socialistes, les libéraux ont vocation mieux que quiconque à rassembler les citoyens qui récusent toutes formes d’étatisme, qu’elles viennent des billevesées autoritaires et bonapartistes de l’UMP ou des calembredaines collectivistes et surannées du PS et de ses encombrants et consternants alliés.

Le hic c’est qu’aujourd’hui les libéraux sont dispersés au quatre coins de l’échiquier politique façon puzle.

Entre libéraux « classiques », sociaux libéraux façon Gauche Moderne, libertariens purs et durs, libéraux dits « de gauche » et tous ceux que nous oublions au passage et qui vont surement nous en vouloir à mort, on ne se cause pas. C’est tout juste si on accepte de boire un coup ensemble à l’issue de l’un colloque aussi érudit que soporifique dont les intellos libéraux ont le secret.

Aujourd’hui, quelques uns de nos amis semblent vouloir refédérer tout ça au-delà notamment des inimitiés personnelles.

Nous saluons l’initiative et la soutiendrons d’une plume aussi bienveillante que libre et attentive.

05/03/2010

Jacques Marseille ou la Liberté de penser

persoMarseille.jpgJacques Marseille est mort hier, à 64 ans, d’une « longue maladie » comme il est désormais de mise de l’écrire à propos du cancer. Nos lecteurs s’associeront sans doute aux condoléances que « Restons Correct ! » adresse à sa famille, à ses proches, à ses amis.

Mais c’est aussi la Liberté - et notamment celle de penser - qui est en deuil car cette disparition est aussi celle d’une grande voix libérale, d’une plume aussi libre que féconde et iconoclaste.

Historien de formation, reçu premier à l'agrégation d'histoire en 1969, sa thèse de doctorat analysait brillamment les relations économiques entre la France et son empire colonial de 1880 à 1960. Il y démontrait que, contrairement à ce que prétendaient les marxistes, la colonisation avait plus freiné le développement économique de la France  qu’elle ne l'avait favorisé.

 

raymond-aron.jpgProfesseur à Paris I jusqu’à l’année dernière, il y a animé avec brio la chaire d’histoire économique et sociale, formant au passage des générations d’étudiants à autre chose qu’aux archaïsmes marxistes ou aux billevesées néo-keynésiennes ordinaires.

A l’instar de cet autre très grand universitaire que fut Raymond Aron, c’était aussi un chroniqueur de presse talentueux et un polémiste aguerri.

Ca lui a évidemment valu les foudres parfois haineuses des zélateurs de la pensée unique et des « intelligents » autoproclamés que sa verve, son sens de l’à propos, sa rigueur quantitative et sa vivacité intellectuelle laissaient généralement « KO debout ».

Ca lui a aussi valu le respect et l’admiration de tous les esprits libres, bien au-delà des cénacles de l’intelligentsia libérale.

 

guerre des deux frances.jpgPour l’avoir croisé dans des réunions où il défendait le « moins d’Etat » et militait pour la création d’une allocation unique et universelle, nous le connaissions un peu.

Pas assez pour avoir partagé une (vraie) galette-saucisse fraternelle avec lui, suffisamment pour nous souvenir de son sourire, de son intelligence, de son immense culture historique et économique et de son formidable talent didactique.

Nous reste de lui une série d’essais remarquablement clairs et accessibles dont la guerre des deux France, celle qui avance et celle qui freine, n’est pas le moins jubilatoire ni le moins prémonitoire…

 
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