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02/07/2009

L'urgence fiscale est décrétée !

urgence.gifRassurez vous ce n’est pas en France, c’est en Californie. Ce n’est pas Sarko qui a décrété l’urgence, c’est Arnold Schwarzenegger, Schwarzy pour les intimes. Ouf ! Faut dire aussi que, vu de Frisco ou de L.A., la situation est tout sauf brillante : une dette publique voisine de 67 milliards de dollars et un déficit budgétaire annuel estimé à 24 milliards si rien n’est fait. Le dollar a beau être un peu faiblard en ce moment ça force quand même un peu le respect.

californie_carte.jpgCa le force d’autant plus qu’avec près de 40 millions de citoyens et un PIB équivalent à 14 % du PIB total des U.S.A., la Californie est non seulement l’Etat le plus peuplé de l’Union mais serait aussi la 6ème puissance économique mondiale à lui tout seul.

governator.jpgOn peut penser ce qu’on veut de son célèbre governator, n’empêche que lui au moins, face à l’urgence, il ne fait pas dans la demie mesure. En paroles déjà en affirmant que son objectif prioritaire était la résorption totale du déficit. Oui, vous avez bien lu : TOTALE ! La c’est sur, on n’est pas en France. Comme quoi on peut faire des conneries avec l’argent des contribuables mais, dans la mesure du possible, on évite de les reproduire plus de trente ans de suite. Ca s’appelle le pragmatisme américain.

marre d'être plumés.pngA l’heure où ces lignes sont écrites, il est encore trop tôt pour dire comment les contribuables californiens seront plumés mais une chose est certaine : l’effort sera partagé, y compris par les fonctionnaires du cru qui se verront mettre au chômage sans solde trois jours par moi. Ce n’est évidemment pas une nouvelle réjouissante pour eux mais la, plus aucun doute n’est permis : la Californie ce n’est pas la France !

ruée vers l'or.jpgReste que le minimum de déontologie bloguistique que « Restons Correct ! » doit à ses lecteurs nous conduit à les mettre en garde. Plus particulièrement ceux qui auraient choisi, sur nos récents conseils, de quitter vite fait la France pour échapper à l’obligation (qui leur sera probablement bientôt faite) de souscrire au « grand emprunt national à visées stratégiques » qui mijote dans les cuisines de Bercy et les arrière salles de l’Elysée. Pour l’instant, vaut mieux éviter la Californie. Dans les mois qui viennent ça risque d’être plus Alerte à Malibu que Ruée vers l’Or.

venice beach.jpgD’autant plus que, tous les surfeurs vous le diront, trouver un marchand de (vraie) galette-saucisse à Venice Beach, ce n’est pas de la tarte, même pas de la tarte au potiron. D’autant plus aussi qu’après les disparitions successives de Farah Fawcett, Michael Jackson et Karl Malden, tout laisse à penser que le climat californien n’est plus aussi salubre qu’il le fut.

04/07/2008

HAPPY BIRTHDAY USA !

1591216572.jpgEn attendant notre 14 juillet national, ses flonflons rituels, sa garden party présidentielle à laquelle il est regrettable que nous n’ayons pas été invités et le défilé, très attendu cette année, du troisième RIPMA de Carcassonne sur les Champs Elysées, « Restons Correct ! » souhaite aujourd’hui un joyeux anniversaire à ses nombreux lecteurs américains à l’occasion de leur fête nationale.

1400562007.jpgDe fait, vous le savez sans doute, le 4 juillet est la date anniversaire de la Déclaration d’Indépendance des « 13 Colonies », point de départ officiel du processus militaire et politique qui devait aboutir à la création de ce qui fut et demeure la plus grande démocratie de l’occident moderne.

Rassurez vous, nous n’allons pas en profiter pour vous infliger un exposé académique et sentencieux sur l’histoire des USA du Mayflower à Barrack Obama. On sait pas faire. Nous n’allons pas non plus vous livrer un pronostic sur l’issue des prochaines élections présidentielles américaines. D’abord parce  que ce ne sont pas nos oignons mais ceux des électeurs américains et ensuite parce que l’impact du résultat sur la sauvegarde de la (vraie) galette-saucisse risque d’être très marginal.

1596618174.jpgEn ces temps d’américanophobie généralisée et compulsive, nous nous contenterons de faire part à nos lecteurs de quelques réflexions supposées éclairer leur lanterne et leur permettre, accessoirement, d’avoir l’air cultivé dans les diners estivaux.

La première concerne le choix de la date (1) : Celle d’une déclaration murement réfléchie et soigneusement rédigée par Thomas Jefferson et ses potes, pas celle d’une insurrection se terminant par le lynchage d’un gardien chef de prison (2).

1028083140.jpgLa seconde relève des causes profondes de la « Révolution Américaine ». La Déclaration d’Indépendance de 1776 est l’aboutissement d’un processus de révolte fiscale entamé trois ans plus tôt avec la « Boston Tea Party » (3).

Pour faire très court : S’ils jouissaient déjà d’une très large autonomie dans la gestion de leurs affaires locales, les citoyens des 13 colonies étaient excédés et saignés à blanc par la multiplication des impôts et des taxes prélevés par la Couronne britannique sans leur consentement puisqu’ils n’avaient pas de représentants au parlement de Londres (4). Par ailleurs, producteurs et négociants revendiquaient le droit de commercer librement avec le reste du monde en contradiction avec les usages mercantilistes alors en vigueur dans l’empire britannique. En clair le « libre échange ».

La troisième a trait à la non-abolition de l’esclavage en dépit de références explicites à la Liberté individuelle et à l’égalité de tous les hommes devant la « loi divine ». Outre le fait que, représentant de l’état de Virginie, Jefferson était personnellement issu d’une famille propriétaire d’un domaine employant des esclaves, cette omission doit sans doute être interprétée comme la conséquence de la recherche d’un consensus politique entre « Nordistes » et « Sudistes ». Comme on le sait la résolution du problème de l’esclavage coutera aux USA, près d’un siècle plus tard, une guerre civile particulièrement meurtrière (5).

Certes, comme Tocqueville l’avait déjà noté au tout début des années 1830, la démocratie américaine n’est pas parfaite. Pour autant il serait sot, 232 ans après la Déclaration d’Indépendance, de nier que le bilan est globalement très positif : Liberté individuelle presque parfaite, prospérité économique largement partagée, forte mobilité sociale, attractivité durable, enseignement supérieur et recherche d’un niveau inégalé.

1939672440.jpgA l’heure où la « vieille Europe » cherche toujours les moyens de se protéger de la mondialisation en se cramponnant à son modèle comme un postier à son statut, il serait sans doute utile que nous nous inspirions de la recette du « success-cocktail » made in USA, à base de Liberté individuelle, d’autonomie régionale, de modération fiscale, de confiance dans l’individu et de libre-échangisme…

(1) Non, ce n’est pas une contrepèterie !

(2) Monsieur de Launay, gouverneur de la Bastille et gardien plutôt débonnaire d’une poignée de faussaire, d’un fils de famille fou, d’un aristocrate incestueux et du dernier complice vivant d’une tentative d’assassinat de Louis XV, soit sept détenus en tout.

(3) Destruction par des citoyens de la ville de Boston, costumés pour l’occasion en amérindiens, d’une cargaison de thé importée de la métropole et destinée à être revendue sur place par un monopole étatique à un prix grevé de lourdes taxes.

(4) Ce qui contrevenait au principe fondateur de la démocratie parlementaire britannique : « Pas de taxation sans représentation », principe au nom duquel tous les étrangers vivant en France devraient du reste être autorisés à participer aux élections municipales, cantonales, régionales et législatives…

(5) Ce sont en fait les libéraux anglais qui porteront le premier coup décisif à l’esclavage en interdisant la traite des noirs au tout début du siècle suivant et en faisant respecter cette interdiction grâce à la suprématie de la Royal Navy.

 
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