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20/11/2009

Tronches d'Europe

rumpuy ashton.jpgL’Europe a donc désormais une tronche, ou plus exactement deux : celle d’Herman Van Rompuy ci-devant premier ministre du royaume de Belgique et celle de Lady Catherine Ashton, membre de la Chambre des Lords et ci-devante commissaire européenne au commerce.

Un démocrate-chrétien flamand et une baronne british et travailliste. La parité est respectée, l’équilibre politique entre conservateurs et sociaux-démocrates aussi. Maintenant faut juste que Josette et Marcel s’y habituent…

A peine connue la nouvelle a évidemment suscité son lot de protestations plus ou moins véhémentes avec en filigrane l’idée qu’il aurait mieux valu nommer à ces postes des personnalités « fortes », capables de promouvoir la (vraie) galette-saucisse et les fromages de chèvre picto-charentais sur la scène internationale, de tenir tête à Barack Obama, Hu Jintao et Vladimir Poutine réunis. Du genre qui assure quoi ! Plutôt Rambo, Indiana Jones ou Ségolène Royal que nice cup of tea, consensus mou, Bisounours et compagnie…

 

la-justice.jpgEn attendant, « Restons Correct ! » félicite les nouveaux désignés et refuse de s’associer à ce qui ressemble déjà à un procès d’intentions car, il va bien falloir que tout le monde finisse par s’en persuader : l’Europe n’est pas une « puissance » et ne le sera vraisemblablement jamais.

Ce qui fait une « puissance » ce ne sont pas les hymnes, les drapeaux ou la grande gueule des dirigeants, ce sont les « services » qu’elle est capable de rendre à ses « sujets » ou à ses citoyens selon les cas.

On peut évidemment débattre de la nature et de l’étendue des ces « services ». Pour les Libéraux que nous sommes, la cause est entendue : moins la sphère publique a de prérogatives, plus son arsenal de « services » publics et obligatoires est vide et mieux on se porte. C’est du reste pour ça qu’il est essentiel de limiter les prélèvements fiscaux au minimum car c’est encore le moyen le plus sur de combattre l’intrusion généralisée de l’Etat dans notre vie de tous les jours.

Reste qu’au minimum, une « puissance publique » se doit d’assurer ce que les politologues nomment les « fonctions régaliennes » au premier rang desquelles figurent la sécurité intérieure et extérieure d’une part, la justice civile et pénale d’autre part. Il est clair que l’Union Europénne n’en est pas là, il est probable qu’elle n’y sera jamais.

 

Huitre.jpgAlors franchement, à partir du moment où ils n’ont aucune prérogative en matières de justice, de police ou de défense, monsieur Van Rompuy et Lady Ashton peuvent bien avoir autant de charisme qu’une huitre avariée ou les tronches qu’ils ont, ça n’a absolument aucune importance…

30/10/2009

Des chrysanthèmes pour l'Europe ?

vaclav-klaus.jpgLa Tchéquie vient de ratifier le traité de Lisbonne moyennant une pincée d’aménagements institutionnels obtenus par Vaclav Klaus, son président. Prague a signé, Lisbonne va pouvoir fonctionner.

Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Les avis sont évidemment partagés même si nous sommes loin des débats passionnés qui précédèrent le référendum de 2005. Un peu comme si les ex-partisans du « oui » boudaient une victoire a minima ou comme si les europhobes s’étaient résignés à l’avènement d’une Europe supranationale ou furieusement libérale, on ne sait plus trop…

« Restons Correct ! » ne rouvrira pas ce (déjà) vieux débat, ne serait-ce que pour ne pas foutre le souk chez Josette et Marcel qui faillirent bien à l’époque se jeter la vaisselle de chez IKEA à la tronche, à propos du risque qu’aurait hypothétiquement fait courir le traité à l’Identité Nationale en général et à la sauvegarde de la (vraie) galette-saucisse en particulier.

On a beau se complaire dans le pamphlet et se vautrer dans la polémique, ce n’est pas une raison suffisante pour pousser les lecteurs de ce blog à des extrémités aussi fâcheuses que vaisselloclastes…

 

chrysantheme-01.jpgN’empêche qu’en ce week-end de la Toussaint la question se pose de savoir s’il faut ou non faire provision de chrysanthèmes en prévision d'un possible prochain décès de l’Europe politique.

A part François Bayrou et ses derniers partisans le sujet n’intéresse plus grand-monde en France comme l’a montré le taux record d’abstention aux dernières élections européennes ; au Royaume-Uni, David Cameron le très probable prochain Premier Ministre conservateur de Sa Majesté la Reine, a fait part de son intention de renégocier la participation de son pays à l’Union ; les Turcs eux-mêmes seraient, dit-on, de moins en moins demandeurs d’adhésion.

En fait, outre François Bayrou, il ne reste guère plus que Ségolène Royal, les Croates et, éventuellement, les Islandais rincés par la crise financière pour manifester encore un peu de Désir d’Avenir européen.

Pour être clair, ça sent plus les chrysanthèmes et les regrets éternels que la marche triomphale du grand projet fédérateur et protecteur des peuples et des valeurs éternelles du cœur historique de la civilisation occidentale.

 

Comment s’en étonner ? La construction européenne a à peu près atteint tous les objectifs assignés au lendemain de la seconde guère mondiale par ses pères fondateurs :

- La paix du continent est d’autant moins menacée que, libérées depuis vingt ans du communisme, la plupart des ex-nations socialistes ont rejoint l’Union.

- La Liberté de circulation des citoyens, des marchandises et des capitaux est pratiquement totale.

- La création de l’euro a contribué à conforter durablement le libre-échange continental, ce qui est un point clef en période de crise économique et financière.

kennedy-27j.jpgDans son remarquable et très copieux ouvrage The rise and fall of the great powers dont la traduction en français est disponible chez Payot, Paul Kennedy, diplômé d’Oxford, professeur à Yale et titulaire d’une chaire d’Histoire à la London School of Economics, avance l’hypothèse selon laquelle les succès géostratégiques des nations européennes à partir de la Renaissance seraient d’abord attribuables à la compétition, parfois sanglante, qui opposa les Etats-Nations tout au long des derniers siècles.

S’il a raison, et nous pensons que c’est le cas, cela signifie que l’intérêt des citoyens européens que nous sommes n’est pas dans une uniformisation politique accrue mais dans une préservation concurrentielle des spécificités culturelles, économiques et sociales de chaque pays.

Si une coordination des politiques étrangères est sans doute souhaitable, il est probable qu’il faille se garder d’une uniformisation des politiques fiscales et sociales par exemple. Fort heureusement il n’en est pas question dans le traité de Lisbonne.

 

L’Europe-Marché ne fonctionne pas trop mal dans sa diversité, ne la tuons pas par l’avènement d’une improbable Europe-Puissance.

 
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