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13/11/2009

Le cave se rebiffe !

le cave se rebiffe.jpgDécidément les fans d’Audiard sont à la fête. Après Eric Raoult et Les Cons ça Ose Tout, c’est Charles Pasqua, dit « Charlot la Balance », qui nous sort son remake perso du Cave se Rebiffe.

C’est toute une époque qui renaît : celle des truands corses émigrés à Pigalle tapant le carton pendant que leurs gagneuses épongeaient les michetons en goguette, celle de Jo le Trembleur qui vous fabriquait de la « boisson d’hommes », de la vraie, avec quelques kilos de patates et beaucoup de sciure de bois, celle de Raoul qui vous éparpillait le malfaisant aux quatre coins de Paris façon puzzle…

Nostalgique « Restons Correct ! » ? Un peu c’est sur, ne serait-ce que parce que l’ambiance Audiard c’est comme la (vraie) galette-saucisse : ça fleure bon l’Identité Nationale et la « vraie » littérature, celle d’avant les jérémiades gnangnans, bien écrites mais gnangnans, façon Marie Ndiaye. Genre de celles qui vous valent un Goncourt, une interview dans les « Inrocks » et, pluie de cerises sur le gâteau médiatique, l’attention des meilleurs blogs de 20Minutes.fr …

 

touchez pas au grisbi.jpgNostalgique aussi de cette époque où le mot d’ordre en politique c’était Touchez pas au Grisbi ! Celle des valises de biffetons transfrontaliers, des enveloppes africaines, des comptes en Suisse du temps qu’à Genève ou à Zurich les banquiers savaient encore tenir leur langue.

Du coup, comme par hasard, les partis politiques ne manquaient pas de militants pour distribuer des tracts sur les marchés ni pour recouvrir nuitamment les affiches électorales de leurs adversaires, le pot de colle dans une main, le manche de pioche dans l’autre.

Ca au moins ce n’était pas du débat de gonzesses mauviettes. Les mots avaient un sens, l’engagement politique aussi : celui de la tune distribuée de la main à la main aux « camarades » ou aux « compagnons » comme on disait chez les gaullistes du temps de Pasqua.

 

cyberrsistant2il.gifTout ça est (hélas ?) bien fini. Le politiquement correct (« politiquement » c’est vraiment le cas de l’écrire…) est passé par là. On a voulu « moraliser » la politique comme un vulgaire marché financier et, comme il fallait s’y attendre, ça ne ressemble plus à grand-chose..

Désormais c’est de chez eux et bien au chaud devant leur ordinateur que Josette et Marcel font cyber-militants sur Twitter, sur Facebook, sur les forums dits de « discussion », sur les fils de commentaires des sites de presse.

En dehors du fait que leur prose est souvent affligeante et en dit parfois plus long qu’un long rapport de l’Inspection Académique sur la maîtrise qu’ils ont de la grammaire et de l’orthographe de leurs langue maternelle, force est de constater que ça le fait pas vraiment, question mobilisation électorale notamment.

 

On peut probablement en vouloir à Pasqua pour plein de choses mais, dans ces conditions, certainement pas de se rebiffer…

12/11/2009

Les cons ça ose tout...

raoult.jpgL’interview donnée en août par Marie Ndiaye aux « Inrocks » serait sans doute passée à peu près aussi inaperçue que ce que publie d’ordinaire ce titre phare de la bobofitude si Eric Raoult, l’inoxydable député du 9-3, n’avait pas jugé intelligent de saisir le Ministre de la Culture à son propos. Il l’a fait via une question dans laquelle il suggère l’instauration d’un « devoir de réserve » pour les écrivains labellisés par la maison Goncourt.

C’est évidemment idiot et pas seulement parce que chez Femina, Renaudot et Interallié on n’a que modérément goûté cette discrimination littéraire.

En fait, ça fait irrésistiblement penser à l’immortelle maxime d’Audiard : les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît…

Chez Gallimard par contre on se frotte les mains, tant il est vrai qu’il n’y a rien de tel qu’une bonne p’tite polémique pour faire exploser les ventes. Un auteur controversé, c’est toujours un éditeur heureux… Ainsi va le monde des lettres en général et le book-business en particulier.

 

marie ndiaye.jpgEn plus, il semble bien que Marie Ndiaye soit une femme de lettres talentueuse. Tout le monde le dit et il y a des signes qui ne trompent pas. Ainsi, depuis qu’elle a eu le Goncourt, Trois Femmes Puissantes trône dans la bibliothèque de Josette et de Marcel aux côtés du dernier Amélie Nothomb. C’est tout dire.

Du coup, grâce à Eric Raoult, nos sympathiques amis font désormais figure d’avant-gardistes culturels dans le Landernau malouin. Déjà qu’à Pleurtuit ils passaient pour des rebelles à force de recommander « Restons Correct ! » à leurs voisins…

En fait, s’ils n’étaient pas aussi accros à la (vraie) galette-saucisse, il ya belle lurette qu’ils auraient suivi Marie Ndiaye dans son cruel exil berlinois… En attendant il est de plus en plus question  qu’ils prennent le maquis dans le bocage armoricain.

 

f mitterrand.jpgEn attendant aussi, Frédéric Mitterrand, qui est en général plus osé qu’il n’est con, a peut-être eu le mot de la fin en déclarant :

Les écrivains qui reçoivent le prix Goncourt ont le droit de dire ce qu’ils veulent, Eric Raoult, en tant que citoyen et que parlementaire a le droit de dire ce qu’il pense.

Une façon de ne pas trancher en renvoyant parties et polémistes dos à dos affirmeront surement les contempteurs de l’immortel auteur de La Mauvaise Vie. Une façon surtout de rappeler que la Liberté d’expression s’applique à tous et n’est négociable par personne.

 

Que le ministère de la Culture serve au moins à le rappeler est finalement assez rassurant…

 
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