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21/01/2010

Henri, François, Anne et les autres...

anne et henri.jpgLa rivalité entre EDF et AREVA, entre Henri Proglio et Anne Lauvergeon pour savoir qui sera le chef et donc le (ou la) mieux payé(e), fait penser à l’un de ces navets dont le cinéma français a le secret, genre qui vous vident aussi surement les salles obscures qu’ils vous remplissent d’éloges les rubriques cinoche du Nouvel Obs et de Télérama.

Henri, François, Anne et les autres… Un titre accrocheur pour un scénario intimiste, tout dans le feutré et la peinture pointilliste des ravages de la marchandisation de l’énergie sur la société contemporaine.

Une intrigue toute en subtilités psychologiques, bien loin de celle de Dallas et de ses grossiers personnages qui se disputent le contrôle des pétroles Ewing, à coups de bourbons bien tassés et de complots familiaux ourdis à l’occasion d’un barbecue copieusement arrosé au Jack Daniel’s.

 

Le synopsis pourrait être signé « Restons Correct ! » :

 

edf.jpgD’abord y’a Henri, jeune et fringant sexagénaire à qui tout paraît avoir réussi depuis sa sortie d’HEC. Des postes d’administrateurs en veux tu en voilà, l’amitié tutélaire de Chirac et les tunes qui vont avec et, pour finir, la prestigieuse présidence d’EDF et des ses dizaines de milliers d’agents statutairement dévoués au grand service public de l’énergie électrique et populaire.

Mais, car il y a un « mais », sous ce vernis brillant se cache un écorché vif, un perpétuel insatisfait qu’aucun thérapeute n’est encore parvenu à guérir des sa boulimie d’honneurs et de (vraie) galette-saucisse.

 

lauvergeon.jpgEnsuite on a Anne, jeune et sémillante quinquagénaire qui est parvenue à la seule force de ses compétences et de son courage à passer du cabinet de Mitterrand - François dit « tonton », pas « l’autre » - à la présidence d’AREVA et des ses mystérieuses marmites nucléaires et publiques.

Mais, car il y a aussi un « mais », derrière ce sourire satisfait se cache un immense besoin de reconnaissance : celui de supplanter un jour Angela Merkel au palmarès Forbes des meufs les plus puissantes du monde.

Comme quoi y’a toujours un espoir : on peut être - ou avoir été - une femme de gôche et nourrir quand même quelques ambitions légitimes…

 

atomes crochus.jpgEnfin y’a François Fillon, le bon copain de la classe, toujours bien coiffé et prêt à arranger les embrouilles, qui espérait bien que ces deux brillants dirigeants de ces deux grandes entreprises publiques auraient suffisamment d’atomes crochus pour être capables d’aller fourguer des EPR aux émirats, au nez et à la barbe de ces gros lourds de Coréens.

Ben c’est raté, c’est plié c’est planté : les dirigeants d’Abu-Dhabi ont beau être plus pétés de tunes que le Comité d’Entreprise d’EDF, z’ont trouvé que deux fois le prix c’était quand même un peu cher pour des réacteurs nucléaires, fussent-ils made in France.

Du coup François s’est pour une fois fâché : Anne et Henri ont juste deux semaines pour arrêter de se tirer la tronche.

 

tout-doitdisparaitre.jpgEn attendant la suite, on se demande pourquoi personne n’a encore pensé à privatiser ces gros machins. Non seulement ça pourrait contribuer à désendetter le pays mais, en plus, ça pourrait pas marcher plus mal…

10/07/2009

Merci le nucléaire !

edf.jpgLe pavé que vient de jeter dans la marre ce brave Pierre Gadonneix, le non moins brave président d’EDF, en réclamant par médias interposés des augmentations significatives du tarif de l’électricité n’a pas fini de faire des vagues, peut être même pas fini de provoquer des tsunamis. Evidemment les premiers à monter au créneau sont les thuriféraires du service public à la française, syndicats en tête : on vous l’avait bien dit, ouvrir le capital au secteur privé c’est faire rentrer le renard libéral dans le poulailler énergétique

stakhanov.jpgTout juste s’ils ne nous déclarent pas sans rire que l’électricité, c’est comme la (vraie) galette-saucisse : ça doit être produit par le Peuple et pour le Peuple. Si possible dans des bons vieux kombinats à l’ancienne façon Stakhanov en visite à Tchernobyl… S’ils avaient ne serait-ce qu’une once d’humour et de culture historique, ils nous citeraient Lénine en prime : La Révolution c’est les soviets et l’électricité.

tirelire cassée.jpg« Restons Correct ! » ne connaitrait pas un tel succès si nous ne nous efforcions pas d’assaisonner nos sarcasmes usuels de quelques analyses, si possibles pertinentes et utiles. S’agissant d’EDF, autant vous le dire tout de suite : ce ne sont pas les sujets d’analyse, ni du reste de sarcasme, qui manquent. L’endettement d’abord : 28 milliards d’euros soit quelques 24 milliard à la charge du contribuable compte-tenu de la part du capital détenue par l’Etat. Vous me direz que par les temps qui courent, 24 milliards de dette publique en plus ou en moins à la charge de nos mômes, on ne va pas chipoter pour si peu. Reste qu’il eut été fair de le rappeler clairement avant de lancer un « grand emprunt national » sur le marché de l’épargne publique autrement qu’en tout petit, dans la notice visée par l’AMF que Josette et Marcel n’ont évidemment pas lue avant de casser leur tirelire…

Gadonneix.jpgLa relative modicité des tarifs actuels ensuite : on tente de nous faire croire que ce serait la conséquence d’une politique de tarification sociale particulière à la France et que, dans un contexte d’abandon du monopole public, il serait vain d’espérer une modération durable des prix de l’électricité. Ce n’est pas parce que, contrairement à monsieur Gadonneix, l’assujetti électrique lambda n’a pas fait Polytechnique et Harvard qu’il est censé avaler ça sans moufter. D’abord parce que jusqu’à preuve du contraire l’abolition d’un monopole produit plutôt une baisse des prix qu’une hausse, ensuite parce qu’il faut être très con ou de très mauvaise foi pour ne pas savoir qu’avec 80 % de production nucléaire de son électricité, EDF jouit depuis des lustres d’un avantage compétitif considérable sur nombre de ses concurrents européens.

la fée emectricité.jpgOr, ce qu’il faut savoir, c’est qu’une partie seulement de cet avantage est répercuté dans les prix. Vive les monopoles ! L’essentiel n’a évidemment pas été utilisé pour investir dans l’outil de production ou dans des acquisitions à l’étranger puisque c’est la raison invoquée par l’ami Gadonneix pour justifier ses demandes d’augmentations tarifaires. L’essentiel s’est perdu année après année dans une productivité déplorable, des avantages sociaux pharaoniques et des sureffectifs systématiques. C’est le principe fondateur du service public à la française : commencer par servir copieusement ses agents. Ne dit-on pas que charité bien ordonné commence par soi même… En attendant que le gouvernement passe sous les fourches caudines des exigences de cette grande entreprise que la planète entière nous envie, remercions donc le nucléaire en chœur : la Fée Electricité peinte en son temps par Dufy a visiblement conservé une baguette atomique en parfait état de marche.

 
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