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17/11/2009

La fin de la faim

Famine-1.jpgLa réunion qui s’est tenue hier à Rome en vue de mobiliser la « communauté internationale » contre la « faim dans le monde » a semble-t-il fait pschitt. La faible affluence de chefs d’état et de gouvernement aura, au mieux, permis de donner un relief médiatique particulier au énième appel pontifical qu’a lancé Benoît XVI  pour l’éradication du fléau. Qui pourrait être contre ?

Certainement pas « Restons Correct ! » ni Josette et Marcel qui versent régulièrement leur obole en espérant qu’elle ne s’évaporera pas dans les méandres des bureaucraties caritatives.

Les images d’enfants mourant de faim sont évidemment insupportables pour tous ceux qui n’ont jamais manqué de (vraie) galette-saucisse. Elles ne peuvent que provoquer charité et compassion.

Pour autant, force est de constater que depuis le temps qu’on nous montre de telles images, les bons sentiments tendent à s’émousser, le fatalisme et le découragement à l’emporter.

 

monde2dfaim2d2003.jpgCe n’est évidemment pas une raison suffisante pour ne plus rien donner mais ce n’est pas non plus une raison pour ne pas réfléchir aux causes du fléau.

En dépit de son ancienneté et de sa relative imprécision, la carte 2003 de la faim dans le monde en pourcentage de la population nous fournit sans doute une première explication. Elle montre clairement que les zones de famines intenses se concentrent particulièrement en Afrique noire et coïncident largement avec celles touchées par des conflits endémiques.

La guerre, ouverte ou larvée, est donc probablement la première cause de famine même si elle n’est pas la seule.

Ce n’est malheureusement pas un scoop même s’il est bon de rappeler qu’en désorganisant complètement la production et la distribution des denrées alimentaires, ces conflits provoquent des ravages économiques plus meurtriers que les affrontements directs entre armées ou bandes rivales.

guerre30ansMagdebourg.jpgL’Europe en a fait la triste expérience dans la première moitié du dix-septième siècle, lors de la Guerre de Trente Ans entre puissances catholiques et protestantes qui a, entre autres, occasionné une baisse de 30 % de la population des régions touchées, en Allemagne principalement.

 

Mettre fin à ces conflits serait évidemment faire un grand pas vers la disparition des famines endémiques, africaines notamment, mais l’Histoire récente du continent noir montre qu’un tel objectif relève hélas plus du wishful thinking que du plausible.

Par contre, l’Histoire des faits économiques et sociaux nous apprend que c’est grâce à une forte augmentation de la productivité agricole et à la disparition progressive des barrières douanières que l’Europe occidentale est parvenue, à partir du dix-huitième siècle, à nourrir de mieux en mieux sa population, jusqu’à cantonner faim et malnutrition au seul domaine des crises épisodiques ou des cas sociaux individuels.

L’adoption de l’assolement triennal d’abord, l’utilisation d’engrais et de semences sélectionnées ensuite, la mécanisation progressive de l’agriculture enfin ont, entre autres bienfaits, permis au continent européen de connaître une croissance démographique sans laquelle les révolutions industrielles successives et les progrès sociaux qu’elles ont permis auraient été impossibles.

 

ogm moi non plus.jpgSi tant est qu’ils en soient capables, les zozos z’écolos et autres faucheurs obscurantistes seraient bien inspirés d’y réfléchir. Les autres et tous ceux qui savent lire peuvent se reporter avec profit à OGM MOI NON PLUS !, l’excellent bouquin de notre ami Jean-Paul Oury en vente libre sur livrebusiness.com…

09/07/2009

L'économie selon Benoît XVI

pétanque.jpgUne actualité dense, principalement marquée par la séquestration des Simpson en Equateur, un nouveau record du taux de réussite au bac et l’ouverture du Mondial de Pétanque aux abords de la Cannebière, a bien failli occulter la nouvelle de la sortie en librairie de la dernière encyclique commise par Sa Sainteté Benoît XVI. « Restons Correct ! », le blog qui ne perd jamais une occasion de corriger les effets négatifs de la concurrence médiatique libre et non faussée, croit donc nécessaire de consacrer son billet du jour à la promotion et à l’exégèse du dernier en date des best sellers du Vatican.

benoit xvi.jpgLe titre pour commencer : Caritas in Veritate. Rien qu’à son énoncé on comprend que c’est du lourd, pas de l’encyclique de gonzesse d’amateur, pas une des ces p’tites encycliques anecdotiques destinées à croupir ad vitam aeternam dans les limbes de la théologie de bazar. Le thème ensuite : il ne s’agit ni plus moins que de dénoncer les effets délétères d’une activité financière et spéculative. Franchement, croyant ou non, catho ou pas, force est de reconnaître la pertinence et l’originalité conceptuelle du propos. On aurait bien tort de traiter ça à la légère comme on le ferait du soixante-douzième édito du Monde Diplomatique sur le même sujet.

madoff.gifQuant au texte, autant vous le dire tout de suite, le Saint Père s’est surpassé : on dirait du François Bayrou ! En mieux écrit. A croire qu’il vient de se faire refaire par Madoff en lui confiant imprudemment le soin de faire fructifier le produit de la quête dominicale de Saint Jean de Latran. De fait, il y affirme que l’économie a besoin d’éthique, il y prône une nouvelle synthèse humaniste, il y appelle de ses vœux la constitution d’une véritable autorité politique mondiale notamment fondée un renforcement du rôle de l’Etat pour conclure par un vibrant appel à l’émergence d’entreprises à visées économiques et sociales.

tente.jpgBref mes biens chers frères, vous l’avez compris, s’il n’y a qu’un seul livre de fiction à emmener cet été au camping des Flots Bleus, à lire tranquillement en dégustant votre (vraie) galette-saucisse quotidienne sous l’auvent de votre tente Quechua dernier cri, c’est bien Caritas in Veritate. Pas un autre.

diner.jpgReste que l’effet médiatique risque d’être en deçà de celui escompté. C’est clair que si Benoît XVI avait eu la présence d’esprit de béatifier illico Michael Jackson dès l’annonce de sa mort, le retentissement eut été sans commune mesure avec celui auquel nous tentons modestement de contribuer aujourd’hui. D’autant que du coup il aurait certainement été invité à dire le benedicite au dîner de clôture du G8 avec, à la clef, le privilège de se faire photographier aux côtés d’Obama à la place de cette hérétique d’Angela Merkel.

lourdes.jpgReste aussi que si, de passage à Lourdes le 15 août prochain, vous croisez la route de quelque trader estropié n’hésitez pas : balancez le direct dans la piscine miraculeuse ! Après tout on n’est jamais à l’abri d’un miracle et puis, ne dit-on pas qu’en matière d’économie comme de religion il n’y a que la foi qui sauve…

 
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