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20/05/2010

Impôts mais pas trop

le juge.jpgAujourd’hui « Restons Correct ! » vous la joue pédago. L’objectif est d’expliquer si possible simplement à nos lecteurs que, si l’impôt est un mal hélas nécessaire, son excès nuit gravement à la prospérité de tous. Il faut en effet le savoir : même ceux qui ne sont pas imposables sur le revenu « en » payent, ne serait-ce qu’à chaque fois qu’ils font leurs courses. Ca s’appelle la TVA, c’est la première source de revenus de l’Etat et ça crache quand même plus de 125 milliards d’euros par an.

Chacun contribue donc à financer la collectivité ne serait-ce que via sa consommation.

Chacun attend aussi en retour un minimum de services publics, à commencer par la sécurité, la défense et la justice. C’est pourquoi l’impôt, indépendamment de sa nature et de sa répartition, est nécessaire. Pour imparfaites qu’elles puissent parfois être, la police, l’armée et la justice sont sans doute mieux, ou moins mal, assurées par la sphère publique que par des initiatives privées qui sont plus susceptibles de virer au n’importe quoi façon Juge Roy Bean à l’ouest du Pecos.

 

courbe de laffer.jpgFaut il pour autant en arriver, comme c’est le cas aujourd’hui en France, à augmenter les impôts, les taxes et les prélèvements obligatoires de toute nature pour financer, ou tenter de financer, une dépense publique qui avoisine les 50 % des richesses que nous produisons bon an mal an à la sueur de nos fronts et à la seule force de nos petits bras musclés ? La réponse est évidemment « non ! ».

D’abord parce que, comme l’ont montré les travaux d’Arthur Laffer, augmenter les taux de prélèvements aboutit inéluctablement à une baisse absolue des rentrées fiscales et assimilables. A partir d’un certain seuil, variable selon les cas, les époques et les pays, les recettes baissent en valeur absolue. Les producteurs et les consommateurs cherchent et, le plus souvent trouvent, le moyen  d’y échapper.

 

LO258_EvasionFiscale.jpgCe n’est ni plus ni moins que la théorisation et la modélisation de ce que tout le monde sait : des charges sociales confiscatoires favorisent le travail « au noir », des impôts excessifs la fraude fiscale, une taxation abusive des patrimoines l’évasion des capitaux vers des cieux fiscalement moins infernaux. Dès lors, sauf à fliquer tout le monde ce qui est aussi coûteux qu’impopulaire, les contrôles ne permettent en général de récupérer qu’une faible part du « manque à taxer ».

La seule solution est alors de collectiviser toute l’économie ce qui, sur la base des consternants exemples de l’ex-URSS, de Cuba ou de la Corée du Nord peut difficilement être considéré comme une solution démocratiquement satisfaisante, économiquement viable et socialement supportable.

 

galettes_saucisses_grande.pngCependant, sans recourir à la funeste solution de la nationalisation générale, il est important de comprendre que la rapacité publique détruit lentement mais surement la prospérité du plus grand nombre.

Honnêtes petits marchands forains de (vraie) galette-saucisse, nos amis Josette et Marcel hésiteront d’autant plus à se lever tôt tous les matins pour exercer leur commerce que l’imposition marginale des revenus qu’ils tirent de leur activité sera dissuasive.

De même, si la TVA sur leurs excellents produits les rend prohibitifs, leurs fidèles clients auront tendance à moins consommer, si ce n’est à se tourner vers des produits de moindre qualité, genre hotdogs à base de saucisses importées.

Du coup, non seulement ils payeront moins d’impôts mais, en plus, ils n’embaucheront pas le de commis pour les aider. Ca fera au moins un d’jeune de plus au chômage et un débouché de moins pour l’éleveur de porcs qui approvisionne leur fournisseur de saucisses en bon gros cochons bien roses. Ne restera plus alors à ce dernier qu’à se revendre à vil prix à un charcutier chinois qui s’empressera de transférer son irremplaçable savoir-faire ancestral dans la banlieue de Shanghai.

 

Si vous avez lu ce billet jusqu’au bout, vous avez compris pourquoi il est urgent de baisser les impôts ce qui, sauf à endetter notre descendance sur une douzaine de générations, ne peut se concevoir sans baisser tout aussi vigoureusement la dépense publique.

16/10/2009

Trop d'impôt tue l'impôt

sarko figaro.jpgJe n'ai pas été élu pour augmenter les impôts et je ne les augmenterai donc pas. C’est probablement la phrase la plus importante de l’interview du Chef de l’Etat par la fine fleure des journalistes du Figaro. Autant le dire tout de suite, Josette et Marcel sont plutôt soulagés. Payer de impôts, même à Pleurtuit on sait que c’est inévitable et peut être même parfois utile, mais en payer plus tous les ans c’est insupportable.

D’ailleurs, Sarko est bien sur cette « ligne » quand il ajoute qu’il s’agit de rompre avec une politique menée depuis vingt ans et qui a conduit à détruire des emplois en handicapant la compétitivité de notre économie.

Pas question donc de détruire le business de la (vraie) galette-saucisse en surtaxant consommateurs et producteurs, ça c’est la bonne nouvelle. Y’a plus qu’à espérer qu’elle sera suivie d’effets car, comme les esprits retors du genre « Restons Correct ! » l’ont déjà noté, il n’est pas fait mention des autres « prélèvements obligatoires » que sont par exemple les cotisations sociales ou les impôts locaux…

En attendant, nul ne peut nier qu’il s’agisse d’une annonce propre à remobiliser un électorat de droite quelque peu perturbé à l’approche des élections régionales. C’était sans doute l’objectif, il a des chances d’avoir été atteint. D’autant plus qu’il y a gros à parier que l’explosion de la fiscalité locale sera l’angle d’attaque principal des listes qui tenteront de reprendre les exécutifs régionaux perdus en 2004.

Les camarades socialistes et leurs alliés sont prévenus : s’ils veulent sauver leurs sièges va falloir qu’ils nous expliquent ce qu’ils ont fait de notre pognon…

 

Courbe_de_Laffer_3.jpgL’autre bonne nouvelle c’est que la théorie de Laffer, économiste américain  et principal théoricien de l’économie de l’offre, paraît avoir enfin atterri en France trente ans après sa formulation. Comme quoi faut jamais désespérer…

Sans vouloir souler nos lecteurs, il faut rappeler à ce stade que cette théorie, illustrée par la courbe qui porte le nom de son auteur, reprend à son compte le vieil adage selon lequel trop d’impôt tue l’impôt.

Pour faire très court, Laffer a démontré qu’à partir d’un certain taux d’imposition, le rendement d’un impôt ou d’une taxe baissait en valeur absolue et qu’il existait donc, pour chaque « cas », un taux optimum qui permettait de maximiser le produit fiscal.

L’application de sa théorie peut donc conduire à une baisse des taux d’imposition, directs ou indirects, en vue de faire rentrer plus de sous dans les caisses d’un Etat ou d’une collectivité locale. C’est évidemment paradoxal mais la justesse de la théorie a été démontrée aux USA et au Royaume-Uni aux débuts des mandatures de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher.

 

laffer.jpgComme on peut s’en douter, les théories de Laffer suscitent la réprobation unanime des économistes de gôche, qui s’en tiennent aux vieilles lunes de l’économie de la demande d’une part et qui, d’autre part, en sont restés à l’idée que la fonction principale de l’impôt n’était pas de financer le fonctionnement de la collectivité qui le prélève mais de redistribuer les « richesses » en vue de corriger les inégalités.

 
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