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01/10/2009

Peur de la Chine ?

défilé.jpgDes tanks et des missiles, des bidasses impeccables qui défilent au pas de l’oie : c’est clair, soixantième anniversaire ou non ça ne rigole toujours pas place Tien An Men. Pas question de distribuer des cotillons au bon peuple ou d’inviter Kadhafi à y planter sa tente pour faire rire les enfants. On n’est pas à l’ONU quand même ! On fait dans le sérieux, dans le lourd pas dans la pitrerie façon longs nez inconséquents.

Et du coup Josette, Marcel et le reste du monde s’inquiètent. Que la Chine se réveille à la rigueur, mais qu’elle étale sa puissance militaire ça peut faire peur, genre tous aux abris le péril jaune est de retour !

Faudrait quand même pas que le marché de Pleurtuit soit envahi par des vendeurs de soupe aux nouilles à la sauvette. Ca serait moyen pour le business de la (vraie) galette-saucisse et en plus, question tambouille exotique, il y’a déjà tout ce qu’il faut avec le Mac Do.

 

tiananmen.1244116346.gif« Restons Correct ! » n’a pas pour habitude de prendre la défense des cocos et surement pas celle des cocos chinois. Pour autant, s’agissant des risques de voir l’Empire du Milieu s’adonner à un expansionnisme tous azimuts façon Gengis Khan, nous ne sommes pas trop inquiets. En fait ça nous inquiète beaucoup moins que le délabrement continu des finances publiques françaises.

Nous sommes en effet persuadés que cette démonstration de chorégraphie militariste n’a pas d’autre objectif que d’impressionner le Pékinois ou le Shanghaien  de « base ». C’est vital pour un régime confronté à d’énormes problèmes sociaux d’une part, à la résurgence de mouvements centrifuges, tibétains ou ouïghours notamment.

Le message que délivre le défilé est à d’abord à usage interne et sera sans doute parfaitement compris jusqu’au fin fond de la rizière la plus éloignée de la Cité Interdite : l’Etat a les moyens de veiller à l’unité nationale et à la paix civile.

 

La seconde raison qui justifie notre « zénitude » est que la puissance de la Chine demeure, et en toute hypothèse demeurera, très relative car la Chine n’est pas, et ne sera sans doute jamais, un pays « ouvert », capable de concevoir et de développer ces innovations scientifiques et technologiques majeures qui ont nourri l’expansionnisme occidental des derniers siècles.

43-canard-laque.jpgDe fait, depuis les inventions de la boussole, de la poudre à canon et du canard laqué, l’Empire n’a rien produit qui ait été capable de lui conférer un avantage compétitif décisif sur ses éventuels rivaux.

Ce n’est évidemment pas du à un déficit d’intelligence mais plutôt à un conservatisme intellectuel et scientifique qui cantonne (sans jeu de mot) les Chinois à copier ou à répliquer plutôt que d’innover. C’est, aux dires des spécialistes dont nous ne sommes pas, une donnée clef de la culture chinoise qui n’encourage jamais l’individu à s’opposer au collectif, bien au contraire.

Il est bien sur trop tôt pour écrire un Quand la Chine se rendormira, mais il est inutile de faire apprendre le mandarin à nos gosses au cas où l’armée chinoise nous rejouerait le débarquement de Normandie.

En fait, les seuls qui ont des raisons d’avoir peur de la Chine sont sans doute les Africains, dont les ressources naturelles peu exploitées attirent déjà les convoitises des fils du ciel comme un pâté impérial faisandé attire les asticots…

 

Message personnel à monsieur Liu, gérant de notre resto chinois favori : 2 couverts pour ce soir vers 20 heures, merci.

06/07/2008

Joyeux anniversaire Québec !

538663604.jpgCe week-end (pardon, cette fin de semaine) marque l’apogée des fêtes du quadri-centenaire de la fondation de la ville de Québec par un certain Champlain (1). L’évènement serait passé à peu près inaperçu en France si notre Ségolène nationale n’avait pas profité d’une excursion festive et commémorative sur les bords du Saint Laurent pour faire sa désormais fameuse déclaration à propos de la libération d’Ingrid Bétancourt.

Après avoir adressé vendredi un « happy birthday » à ses amis américains, « Restons Correct ! » ne pouvait pas ne pas souhaiter un « joyeux quatre centième anniversaire » à ses fidèles lecteurs francophones d’outre Atlantique, même s’ils ont omis de nous inviter à le célébrer. Décidément personne ne nous aime (2).

Nos cousins québécois sont, on le sait, très attachés à leur particularisme linguistique. A part quelques administrations hexagonales il n’y a du reste plus qu’eux pour suivre les injonctions de l’Académie française et dire « courriel » au lieu d’e-mail au risque de ne pas toujours être compris par les francophones ordinaires.

Ils sont aussi très fiers de la citadelle de Québec, leur capitale provinciale qui serait aux dires des dépliants touristiques la seule ville « close » (3) d’Amérique du nord.

338367314.jpg1971240056.jpgLa plupart des Français qui y vont s’extasient poliment (4) mais ne peuvent s’empêcher de penser que Québec et son Château Frontenac, ça fait quand même un peu disney-world à côté de Saint Malo et de la tour Quic en Groigne. D’autant plus qu’en découvrant le Canada, notre regretté camarade Jacques Cartier, pourtant originaire de la patrie de la (vrai) galette-saucisse, a omis d’y implanter l’usage salutaire du fastefoude (5) fondateur de la gastronomie malouine.

Car tel est bien le principal problème de nos cousins de l’ex Nouvelle France : Francophones certes mais aussi Américains par leur style de vie et leur manie de s’extasier devant n’importe quel tas de pierres âgé de plus cinquante ans et leur habitude de faire payer dix dollars aux touristes pour visiter ceux qui affichent plus de cent ans au compteur.

867388955.jpgSinon on les aime bien : Ils ont un accent marrant et sont en général sympas, « natures », conviviaux, chaleureux et pas compliqués… La preuve : Ils ont presque réussi à décoincer Alain Juppé qui se laisse désormais photographier sans cravate.

 

(1) Champlain Samuel, explorateur et marchand de fourrures charentais est un émule de Jacques Cartier qui serait tombé dans un oubli total si, outre la fondation de Québec, il n’avait pas découvert le lac frontalier du Vermont qui porte depuis son nom.

(2) Voilà comment on devient parano : Ni invités ni à la teuf québécoise ni à la garden party (pardon à la fête de jardin) présidentielle du 14 juillet…

(3) Une ville close est entourée de remparts. Cette caractéristique ne préjuge évidemment pas du nombre de maisons closes qu’on y trouve.

 

(4) Il est toujours préférable de ménager la susceptibilité culturelle des indigènes des anciennes colonies…

 

(5) En français dans le texte…

 
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