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26/10/2009

Un débat bien foireux

Jeanne_d-arc_place_parisienne.jpgDans la catégorie des débats foireux, celui sur l’Identité Nationale que monsieur Besson nous promet devrait atteindre des sommets rarement explorés. On connaît en effet déjà par cœur les arguments des débateurs :

- A gôche on va nous expliquer que seule l’école publique est habilitée à fabriquer des p’tits Français et que par conséquent il lui faut toujours plus de moyens, comprenez de postes.

- A droite on va nous refaire le coup du patriotisme historique : Jeanne d’Arc la Lorraine, Napoléon le Corse, De Gaulle le Ch’ti, le tout sur fond de Marseillaise martiale et de z’enfants de la Patrie prenant les armes pour repousser ces féroces plombiers polonais et autres immigrés non choisis qui viennent, jusque dans nos bras, égorger nos fils, nos compagnes et ce modèle républicain que la planète entière nous envie…

Au final, tout le monde se réconciliera en votant une Grande Loi visant à interdire le port de la burqa, en public et peut-être même en privé.

A pleurer !

 

alan-stivell.jpgA pleurer car il est clair que le sujet vaut mieux que ces fadaises cent fois proférées et auxquelles plus grand monde ne croit vraiment.

A pleurer car l’identité nationale française n’a jamais réellement existé en dehors de quelques rares moments genre finale du mondial de foot ou mobilisation générale pour bouter les Prussiens hors de l’Alsace et de la Lorraine.

L’identité nationale française, « Restons Correct ! » a le regret de vous le révéler, n’est en fait qu’une construction politique sans doute initiée par les rois de France à partir de la fin du moyen-âge, déifiée par la Révolution, recyclée par De Gaulle.

Quand on y regarde de plus près on voit qu’elle est en train de se lézarder grave pour cause de multiples résurgences des pulsions identitaires dont la burqa n’est qu’un avatar parmi d’autres.

Quand Josette et Marcel affichent ostensiblement leur goût pour la (vraie) galette-saucisse à la mode de Saint Malo, Soizig et Erwan, leurs cousins bas-bretons, s’envoient en l’air tous les samedis soirs au son d’Alan Stivell :

 

Tri martolod yaouank... la la la...
Tri martolod yaouank i vonet da veajiñ (bis)
E vonet da veajiñ, gê!...

On dira ce qu’on voudra mais la harpe celtique ça incite quand même plus à la reproduction de l’espèce que Sambre et Meuse ou La Victoire en Chantant… C’est comme les polyphonies d’I Muvrini ou Hans der Schnokeloch en dialecte alsacien…

 

la marseillaise.jpgReste que sous ses airs « folkloriques » se cache en fait le constat que le projet qui consistait à fabriquer du vrai p’tit français avec tout ce qui passait à portée de la main de l’Etat national, est en train de se vautrer sévère. Et pas uniquement dans les « cités sensibles » et leurs abords immédiats, dans nos belles provinces aussi.

En fait c’est plutôt un bonne nouvelle car à l’heure de la mondialisation en général et de l’Europe en particulier on est en droit de se demander à quoi l’Etat national peut encore bien servir ou, au moins, ce qu’il est en mesure de faire pour les citoyens que les régions ne puissent faire à sa place.

A moins de considérer que faire apprendre par cœur la Marseillaise aux mômes soit l’alpha et l’oméga de l’éducation, la réponse est sans doute : pas grand-chose. Ou tout au moins beaucoup moins de choses que ce qu’il fait de plus en plus mal aujourd’hui pour un coût toujours plus exorbitant.

Comme disent les libéraux allemands qui vont sans doute réussir à faire substantiellement baisser les impôts nationaux Outre-Rhin : so viel Staat wie nötig, so wenig Staat wie möglich, c'est-à-dire autant d’Etat que nécessaire, aussi peu d’Etat que possible !

 

En voilà un beau sujet de débat

25/10/2009

L'Art et le Marché

connaissance des arts.jpgL’expo à ne pas manquer est celle que la Pinacothèque de Paris consacre aux peintres de « l’âge d’or » hollandais en collaboration avec le Rijks Museum. Une centaine d’œuvres souvent majeures à admirer pour moins de 12 € et sans prendre le train pour Amsterdam en compagnie des fumeurs de pétards du dimanche, c’est pas cadeau mais presque.

Qu’on se rassure : « Restons Correct ! » n’a pas été touché par la grâce culturelle, ne s’est pas mué en blog dédié à l’Histoire de l’Art, nous en serions du reste bien incapables. Nous, c’est (vraie) galette-saucisse, TF1 et compagnie, pas culture bobo pour provinciaux soucieux de s’la péter façon Josette et Marcel égarés à la FIAC ou piqueniquant dans les jardins de la fondation Maeght…

Quand on est un blog de droite, on reste à sa place : celle des gros bourges ignares et ahuris, tout juste bons à faire la queue deux heures au milieu des touristes chinois pour passer un quart d’heure dans la Galerie des Glaces de Versailles.

 

titien.jpgPour nécessaire que soit ce rappel, il ne doit pas dissuader nos lecteurs d’aller visiter cette expo, d’autant plus qu’elle est l’occasion de méditer sur les rapports entre art, prospérité économique et marché.

De fait, si la Hollande du dix-septième siècle a produit tant de chefs d’œuvre, c’est d’abord parce que, première puissance économique et marchande de son temps, elle regorgeait de riches particuliers soucieux d’embellir leurs intérieurs par des tableaux de qualité. Le phénomène s’était déjà produit en Italie à partir du quattrocento quand les bourgeois enrichis des Cités-Etats du nord de la péninsule avaient fait la fortune des grands maîtres de la Renaissance. A ce dernier propos, les stakhanovistes du genre pourront également visiter l’exposition que le Louvre consacre jusqu’au 4 janvier aux principaux maîtres du pinceau vénitiens et à leur compétition pour le leadership du marché local de l’art.

 

ladyblue.jpgCar c’est ainsi et n’en déplaise aux théoriciens fumeux de la création socialisée et de l’art "pour le peuple et par le peuple" : sans un marché privé prospère, point de salut pour les créateurs. Au contraire, quand l’argent est là comme ce fut le cas dans l’Angleterre du dix-huitième siècle, dans la France de la seconde moitié du dix-neuvième ou l’Amérique des sixties, les talents foisonnent.

La main invisible du marché de l’art peut alors fonctionner à plein régime et faire émerger les Gainsborough, les Renoir ou les Andy Warhol du moment.

Sauf exception pour confirmer la "règle", les subventions et les commandes publiques ne produisent en général que de la daube indigeste, prétentieuse et dégoulinante d’arrière-pensées clientélistes et flagorneuses.

 

Avec nos sous en plus ! Beurk !

 
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