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13/09/2008

Sans le latin, la messe nous emmerde...

brassens.jpgSi nous empruntons à Georges Brassens le titre d'une de ses chansons pour titrer notre papier du jour, ce n’est pas par anticléricalisme ni même pour faire rire nos lecteurs sur le dos des cathos. C’est juste pour faire passer aux autorités ecclésiastiques concernées un p’tit conseil aussi gratuit que désintéressé à l’occasion de la visite très remarquée de Benoît XVI en France.

benoit 16.jpgChez « Restons Correct ! » on n’est ni bigot ni bouffeur de curé et, pour ce qui est de bouffer, on préfère de loin la (vraie) galette-saucisse, c’est bien connu.

En fait, en vertu du principe libéral selon lequel chacun est libre de croire ou de ne pas croire à ce qu’il veut à condition de ne pas obliger autrui à partager ses convictions, nous serions même nettement enclins à militer pour la liberté totale de croyance et de culte d’une part, pour celle de caricaturer clercs, dogmes et rituels d’autre part.

C’est peut être le privilège des poètes que de pressentir les choses avant le commun des mortels. Brassens a chanté sans le latin la messe nous emmerde il y a plus de 40 ans. C’était après que l’Eglise de Rome eut décidé de promouvoir systématiquement le culte en langue « vulgaire ».

L’objectif de la manœuvre n’était pas que de faire d’jeune et moderne. Il s’agissait aussi de remplir davantage les églises en permettant à tous de comprendre de quoi on causait à la messe.

eglise abando.jpgSans vouloir être rétrospectivement désagréable avec les promoteurs de cette importante réforme liturgique ni apporter de l’eau bénite au moulin à prières des cathos traditionnalistes, le moins qu’on puisse dire c’est que ça ne l’a pas vraiment fait : La fréquentation des offices dominicaux a continué de baisser au point que, dans nos riantes campagnes, nombre de chapelles et d’églises sont aujourd’hui fermées ou sur le point de l’être sans qu’on puisse, pour une fois, faire porter le chapeau à la mondialisation ultralibérale.

Alors pourquoi ne pas essayer de remettre un peu de latin dans la liturgie? Un peu de dominus vobiscum, un zest d'et cum spiritu tuo, une pincée de mea culpa, une pointe d'ite missa est

Franchement ça ferait classe et ça devrait attirer du monde car c’est clair : Connaître ces formules permet indiscutablement aux initiés d’impressionner favorablement leurs commensaux dans les dîners en ville ou leurs collègues à la cantine.

virgile.jpgOn peut même rêver plus loin en se disant que, si ça se trouve, ça pourrait même remettre le latin à l’honneur des programmes de l’enseignement secondaire. Imaginez un peu l’impact sur le niveau culturel de la nation si une majorité de nos jeunes concitoyens devient soudainement capable de traduire audentes fortuna juvat, la fameuse maxime de Virgile,  autrement que par les audacieux font fortune à Java.

cicéron.jpgOu encore : usque tandem abutere Catalina patientia nostra,  l’impérissable figure rhétorique de notre regretté camarade Cicéron, autrement que par : ousk’il est le tandem de l’autre abruti de Catalina ?y’a Nostra qui l’attend…vu qu’on lui a tiré son scooter, c’est pour sortir sa meuf à Paris Plage…

11/09/2008

Brassez vous les uns les autres !

engagez vs 1.jpgCeux qui comme « Restons Correct ! » connaissent, même de loin, Luc Ferry le savent : C’est pas le plus nœud-nœud des profs passés à la politique. Dans le genre c’est même un homme indiscutablement intelligent, cultivé et plutôt bon pédagogue.

engagez vs 2.jpgCes dernières années il n’a pas fait que contrarier Chirac et les syndicats d’enseignants ou rajeunir l’image de l’intellectuel de droite : Avec son look « Harry Potter 40 ans après », il a aussi incarné le prof de philo idéal, celui qu’aimeraient avoir tous les candidats au bac, celui sur lequel fantasment toutes les adolescentes troublées par les dialogues de Platon ou les aphorismes de Nietzsche, celui qui justifie tous les contournements imaginables de la sacro-sainte carte scolaire par les parents d’élèves soucieux du niveau de culture générale de leur progéniture.

C’est sans doute la raison pour laquelle Sarko lui a refilé le bébé du Service Civil et Civique pour d’jeunes en mal d’action caritative et/ou en panne d’occupations avouables. C’était une promesse de campagne, accessoire certes mais une promesse quand même et, on peut penser ce qu’on veut de Sarko mais, contrairement à ses prédécesseurs, il a la mémoire de ses promesses.

Et puis avouons le : Mettre en place un tel « dispositif », comme on dit en bon français technocratique, c’est quand même beaucoup plus facile que de diminuer les prélèvements obligatoires, de réformer réellement l’Etat ou de convaincre les Chinois de continuer à rouler en vélo plutôt qu’en bagnole pour le bien de la planète en général et celui du pouvoir d’achat des classes moyennes en particulier…

Promesse donc mais promesse intenable sous sa forme générale et obligatoire ne serait-ce que pour d’évidentes raisons budgétaires à moins d’instaurer une taxe sur les vieux pour financer l’engagement citoyen des d’jeunes… Heureusement quelqu’un quelque part a sans doute jugé préférable d’écarter pour le moment le recours à ce nouvel expédient fiscal…

Donc, Ferry a pensé (après tout ça fait partie de son métier) et Ferry a trouvé (ce qui change de la plupart des chercheurs français) un habile compromis entre impératifs budgétaires, liberté individuelle de nos jeunes concitoyens et vieux fantasmes jacobins de brassage social et de cohésion nationale publique, laïque et obligatoire.

Environ 30 000 jeunes, volontaires et âgés de 18 à 25 ans, devraient donc aller se brasser les uns les autres tous les ans pendant six mois au bénéfice d’assoces méritantes et contre une indemnité non imposable et non assujettie à l’URSSAF et à la cotisation RDS de 650 € par mois.

Bon d’accord, c’est pas le Pérou, c’est pas les primes de résultat du Jérôme Kerviel lambda mais ça représente quand même un joli paquet de (vraie) galette-saucisse au cours observé encore récemment sur les marchés de Saint Malo…

Reste que ceux qui imaginent que, grâce à cette réforme subtile, Marie-Ségolène (prénom choisi au hasard) ancienne élève exemplaire du lycée privé Notre Dame de l’Immaculée Contraception va aller se brasser, fut-ce fugacement, avec Walid  (autre prénom choisi au hasard), ex redoublant professionnel du collège Georges Marchais, devraient arrêter de fumer la moquette de leur ministère habituel ou sortir de temps en temps du septième arrondissement…

Ce projet sent tellement le coup foireux, habile mais foireux quand même, que nous somme prêts à parier les œuvres complètes de Tocqueville contre celles de José Bové que son application ne survivra pas à l'actuelle législature…

 
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