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16/10/2009

Trop d'impôt tue l'impôt

sarko figaro.jpgJe n'ai pas été élu pour augmenter les impôts et je ne les augmenterai donc pas. C’est probablement la phrase la plus importante de l’interview du Chef de l’Etat par la fine fleure des journalistes du Figaro. Autant le dire tout de suite, Josette et Marcel sont plutôt soulagés. Payer de impôts, même à Pleurtuit on sait que c’est inévitable et peut être même parfois utile, mais en payer plus tous les ans c’est insupportable.

D’ailleurs, Sarko est bien sur cette « ligne » quand il ajoute qu’il s’agit de rompre avec une politique menée depuis vingt ans et qui a conduit à détruire des emplois en handicapant la compétitivité de notre économie.

Pas question donc de détruire le business de la (vraie) galette-saucisse en surtaxant consommateurs et producteurs, ça c’est la bonne nouvelle. Y’a plus qu’à espérer qu’elle sera suivie d’effets car, comme les esprits retors du genre « Restons Correct ! » l’ont déjà noté, il n’est pas fait mention des autres « prélèvements obligatoires » que sont par exemple les cotisations sociales ou les impôts locaux…

En attendant, nul ne peut nier qu’il s’agisse d’une annonce propre à remobiliser un électorat de droite quelque peu perturbé à l’approche des élections régionales. C’était sans doute l’objectif, il a des chances d’avoir été atteint. D’autant plus qu’il y a gros à parier que l’explosion de la fiscalité locale sera l’angle d’attaque principal des listes qui tenteront de reprendre les exécutifs régionaux perdus en 2004.

Les camarades socialistes et leurs alliés sont prévenus : s’ils veulent sauver leurs sièges va falloir qu’ils nous expliquent ce qu’ils ont fait de notre pognon…

 

Courbe_de_Laffer_3.jpgL’autre bonne nouvelle c’est que la théorie de Laffer, économiste américain  et principal théoricien de l’économie de l’offre, paraît avoir enfin atterri en France trente ans après sa formulation. Comme quoi faut jamais désespérer…

Sans vouloir souler nos lecteurs, il faut rappeler à ce stade que cette théorie, illustrée par la courbe qui porte le nom de son auteur, reprend à son compte le vieil adage selon lequel trop d’impôt tue l’impôt.

Pour faire très court, Laffer a démontré qu’à partir d’un certain taux d’imposition, le rendement d’un impôt ou d’une taxe baissait en valeur absolue et qu’il existait donc, pour chaque « cas », un taux optimum qui permettait de maximiser le produit fiscal.

L’application de sa théorie peut donc conduire à une baisse des taux d’imposition, directs ou indirects, en vue de faire rentrer plus de sous dans les caisses d’un Etat ou d’une collectivité locale. C’est évidemment paradoxal mais la justesse de la théorie a été démontrée aux USA et au Royaume-Uni aux débuts des mandatures de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher.

 

laffer.jpgComme on peut s’en douter, les théories de Laffer suscitent la réprobation unanime des économistes de gôche, qui s’en tiennent aux vieilles lunes de l’économie de la demande d’une part et qui, d’autre part, en sont restés à l’idée que la fonction principale de l’impôt n’était pas de financer le fonctionnement de la collectivité qui le prélève mais de redistribuer les « richesses » en vue de corriger les inégalités.

Commentaires

il prétend ne pas augmenter les impôts mais crée de nouveaux impôts. De qui se moque-t-il?

Écrit par : guillemot | 16/10/2009

"la fonction principale de l’impôt n’était pas de financer le fonctionnement de la collectivité qui le prélève mais de redistribuer les « richesses » en vue de corriger les inégalités"
à cela, je répondrais:
"Non licet omnibus adire Corinthum"
je pense que notre vénéré président partage cette pensée...

Écrit par : alix | 16/10/2009

et je rajouterais: "sed licet Janus adire Defensum"

Écrit par : alix | 16/10/2009

encore un billet favorable à Sarko, ma saucisse m' en reste de travers

Écrit par : tropical | 16/10/2009

ceci dit, comme montpellier est premier de L1, on va oublier toutes nos misères... on mage une (vraie) galette-saucisse et on va dormir du sommeil du juste...

Écrit par : alix | 17/10/2009

après une nuit de réflexion, je m'aperçois que "omnibus" est un datif ("à tout le monde"); j'aurais donc du écrire "sed licet Janui" (4è déclinaison)

Écrit par : alix | 18/10/2009

Aux latinistes distingués, permettez moi de vous faire part de ma sincère admiration. N'oubliez pas cependant, que vous êtes sur un blog "pas de gôche" aussi, la plupart des lecteurs étant des bourgeois incultes etc... merci de bien vouloir traduire. Bien cordialement. JP

Écrit par : JP | 19/10/2009

Merci encore à tous pour vos commentaires.

A Guillemot

De qui se moque-t-on ?
A votre avis... ?

A Tropical

Désolé pour ces désagréments mais, n'étant pas encarté à l'UMP ou ailleurs j'applique la devise du Figaro : sans liberté de blâmer il n'est pas d'éloge flatteur.

A ALix

A l'instar de JP je suis époustouflifié par votre culture classique à tel point que j'en reste presque sans voix. Heureusement que vox populi, vox dei...

A JP

Je ne me prononcerai pas sur la distinction latinistique d'Alix, en ce qui me concerne elle est rès sommaire depuis que j'ai aprris que le "quo usque tandem abutere catalina..." de notre regretté camarade Cicéron ne signifiait pas "quoi ou c'qu'il est le tandem de cet abruti de Catalina..."

A Christine si elle lit ce commentaire :

Comment dit-on "quo usque tandem etc...'" en bas-breton ?
:-)

A tous : bonne fin de journée

Écrit par : Restons Correct | 19/10/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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