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01/07/2009

Avion poubelle, pain sec et eau croupie

 

L’aviation ce n’est pas une histoire c’est une épopée. Une grande, une belle, celle que « Restons Correct ! » vous narre aujourd’hui :

snoopy.jpgAu commencement les pionniers : Blériot et les autres. Puis la « grande » guerre et ses « as » ailés : Guynemer et l’Escadrille des Cigognes, Manfred von Richthofen, alias le Baron Rouge, aux commandes de son triplan Fokker (modèle Dr1/1917 pour les spécialistes), Snoopy sur le toit de sa niche lancé à la poursuite du dit baron.

aéropostale.JPGVinrent ensuite les glorieuses heures de l’Aéropostale : Saint Ex’ et Mermoz, Toulouse-Casablanca par la côte avant de pousser, via Cap Juby, jusqu’à Saint Louis du Sénégal. Moteurs à pistons, carlingues en balsa, navigation à l’estime : ça c’était du service public postal d’avant les 35 heures. Un seul mot d’ordre : le courrier ou la mort, fut-elle de soif et d’épuisement dans une contrée à peine peuplée d’improbables nomades insoumis, sans la moindre (vraie) galette-saucisse pour reprendre des forces et sous l’implacable soleil de plomb du désert africain. L’implacable soleil de plomb du désert africain, ça c’est du cliché de chez cliché ou on ne s’y connaît pas…

spitfire.jpgPuis, re la guerre. Londres sous le blitz, les spitfires de la R.A.F. pilotés par des héros de vingt ans bourrés d’amphétamines comme un coureur amateur au départ du critérium cycliste de Pleslin les Grèves. Fallait bien ça pour stopper l’offensive meurtrière de la Luftwaffe. Et puis aussi ce vieux cabotin de Saint Ex’ (encore lui !) qui se débrouille pour se faire descendre au large de Saint Trop’. Et puis encore les superforteresses B29 de retour d’une mission de bombardement de la Ruhr : atterrissage sur le ventre, criblé d’obus de DCA, les hélices en drapeau, l’équipage en sang mais le devoir accompli…

BibiFricotinPiloteEssai.jpgBref, jusque là, l’aviation ça avait de la gueule, du style, du panache. Ca faisait dans l’héroïsme et l’abnégation, pas dans la marchandisation à outrance et la course effrénée aux profits financiers. Les gosses en rêvaient, voulaient faire « chevalier du ciel », pilote d’essai ou de chasse, pas fonctionnaire territorial à la communauté d’agglomération de Ploubalay.

guerre des classes.gifMais depuis, hélas trois fois hélas, la mondialisation ultralibérale est passée par là comme ailleurs, avec son funeste cortège de déréglementations systématiques, de spéculations financières éhontées, de renonciations piteuses des Etats à leurs monopoles des transports aériens. Exit le service public, bonjour la guerre des classes ! Celle des classes touristes contre les classes « affaire », des business contre les firsts.

coke en stock.jpgLe résultat est sans surprise, Marx l’avait prédit : c’est l’inéluctable effondrement du capitalisme aérien auquel nous venons d’assister à la tragique occasion du crash survenu hier au large des Comores. C’est désormais clair pour tout le monde : en matière de transport aérien, la concurrence libre et non faussée ce n’est pas caviar, champagne et sièges ergonomiques, c’est avion poubelle, pain sec et eau croupie. Pour un peu on se croirait revenu cinquante ans en arrière, du temps de Coke en Stock avec les DC3 hors d’âge des Khemed Airlines en route vers La Mecque qui se crashent avec leurs cargaisons de pèlerins comme un vulgaire Airbus des Yémenia Airways.

coke en stock DC3.jpgPutain, quel gâchis !

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